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Alaska : péril sur Shishmaref
Texte: Guy-Pierre CHOMETTE
Photographies : Hélène DAVID

 
Alors que les motoneiges ont depuis longtemps remplacé les chiens de traîneau, Koozye Ningeucook est l’un des derniers éleveurs de chiens de Shishmaref. Il tente ainsi de perpétuer l’une des plus anciennes traditions de la communauté.
Alors que les motoneiges ont depuis longtemps remplacé les chiens de traîneau, Koozye Ningeucook est l’un des derniers éleveurs de chiens de Shishmaref. Il tente ainsi de perpétuer l’une des plus anciennes traditions de la communauté.
L’incertitude pèse sur l’avenir des Inupiaks de Shishmaref. Transférés dans la ville de Nome, ils perdront leur identité. Seul un déménagement sur les terres vierges de Tin Creek, non loin de leur territoire ancestral, pourra les préserver d’une disparition programmée.
La côte océanique s'écroule suite à la fonte du permafrost et aux tempêtes de plus en plus nombreuses et violentes, un autre effet avéré du réchauffement climatique.
A cause du réchauffement climatique la banquise arrive plus tard dans l'année et fond plus tôt. De plus la glace est de plus en plus fine.
Des travaux sont régulièrement entrepris sur la grève ébréchée de Shishmaref. Depuis vingt ans, quatre digues ont été construites pour tenter d’enrayer l’érosion. Sans succès : elles ont rapidement sombré dans le sable meuble.
La communauté de Shishmaref tente de réunir les 200 millions de dollars nécessaires au déménagement du village à Tin Creek, un terre vierge à 20 km de l'île.
Un anniversaire. « Notre culture spécifique, nos traditions communautaires comme le partage ou le respect des ancêtres, notre économie de subsistance… tout ce qui fait de nous une communauté unique ne résisterait pas dans une ville comme Nome, étrangère au monde inupiak », explique Jonathan Weyiouanna.
L’école de Shishmaref contribue à la solidité des liens culturels et sociaux. Cours de chants, de danses, de couture et de sculpture inupiak : les professeurs s’attachent à préserver la culture de la communauté.
Illustrant la solidité des liens familiaux et sociaux qui cimentent la communauté et le respect dû aux Anciens, des dizaines de photos de proches recouvrent les murs des maisons de Shishmaref.
« Notre culture spécifique, nos traditions communautaires comme le partage ou le respect des ancêtres, notre économie de subsistance… tout ce qui fait de nous une communauté unique ne résisterait pas dans une ville comme Nome, étrangère au monde inupiak », explique Jonathan Weyiouanna.
Chasse, pêche, cueillette des baies en été… « La nature est notre garde-manger », disent les Inupiaks de Shishmaref, qui n’entendent pas renoncer à leur style de vie en grande partie fondé sur la subsistance.
Jonathan Weyiouanna vit de subsistance. « À Tin Creek, dit-il, je pourrais continuer à vivre de ma chasse et de ma pêche. Ce que vous voyez autour de vous est notre berceau. L’océan d’un côté, la lagune de l’autre, les rivières qui s’y jettent...»
Jonathan Weyiouanna vit de subsistance. « À Tin Creek, dit-il, je pourrais continuer à vivre de ma chasse et de ma pêche. Ce que vous voyez autour de vous est notre berceau. L’océan d’un côté, la lagune de l’autre, les rivières qui s’y jettent...»
Jonathan Weyiouanna vit de subsistance. « À Tin Creek, dit-il, je pourrais continuer à vivre de ma chasse et de ma pêche. Ce que vous voyez autour de vous est notre berceau. L’océan d’un côté, la lagune de l’autre, les rivières qui s’y jettent...»
À Shishmaref, la chasse aux phoques est l’un des piliers de l’économie de subsistance, et donc de la culture et de l’identité des Inupiaks. Les chasseurs n’oublient pas d’en donner une part aux Anciens qui ne peuvent plus chasser.
À Shishmaref, la chasse aux phoques est l’un des piliers de l’économie de subsistance, et donc de la culture et de l’identité des Inupiaks. Les chasseurs n’oublient pas d’en donner une part aux Anciens qui ne peuvent plus chasser.
Le réchauffement climatique provoque l'érosion du littoral.
Carol, Koozie et Kelly Ningeulook sillonnent Serpentine River à la recherche des caribous.
Beaucoup de familles possèdent une cabane à Serpentine River. Pour éviter un transfert à Nome, certains Inupiaks pensent déjà à les aménager sommairement pour y vivre à l’année, préférant cette solution extrême à un déracinement fatal.
Beaucoup de familles possèdent une cabane à Serpentine River. Pour éviter un transfert à Nome, certains Inupiaks pensent déjà à les aménager sommairement pour y vivre à l’année, préférant cette solution extrême à un déracinement fatal.
Un caribou , c'est 60 kilos de provision de viande.
Kelly à la ceuillette des baies.
La chasse et la pêche apportent l'essentiel des protéines de la famille de Carol.
Les tempêtes d'automne sont de plus en plus fréquentes, menaçant le sol meuble de la petite île de Sarishef.
Shishmaref, fin octobre. La neige n'est toujours pas là, une des conséquences du réchauffement climatique.
Abandonnée depuis longtemps, la maison d’enfance de Mina Weyiouanna vient de basculer sur la plage. « Je me revois encore y jouer aux dominos avec mon grand-père, raconte-t-elle avec dignité. À l’époque, elle était encore à plus de cent mètres du rivage ».
Des travaux sont régulièrement entrepris sur la grève ébréchée de Shishmaref. Depuis vingt ans, quatre digues ont été construites pour tenter d’enrayer l’érosion. Sans succès : elles ont rapidement sombré dans le sable meuble.