Depuis 1926, Langeness est relié au continent par un remblai sur lequel roule un petit autorail, le Löre. Fiede Nissen l’emprunte chaque matin pour transporter le courrier.
À dix kilomètres heure, la traversée dure quarante minutes.
Au coeur de l’hiver, les Halligen se couvrent de glace et de neige. Beaucoup moins, cependant, qu’il y a vingt ou trente ans, lorsque l’on pouvait encore traverser d’un hallig à l’autre en roulant sur la glace.
Neuwarf, sur Langeness, est le tertre sur lequel vivent Fiede et Annelore Nissen. Comme tous les autres Warften des Hallignen, il s’élève à huit mètres de haut et protège les maisons contre les Landuntern, ces montées d’eau soudaines qui recouvrent les terres pour quelques heures.
Ark Boysen et son équipe de terrassiers agencent des millions de pierres, une à une, sur les rives de Langeness. Elles ourlent le rivage tout entier, enserrant le hallig dans une muraille d’un mètre de haut.
Hanke et Britta habitent avec leurs trois enfants Niels, Lasse et Öse sur Honkenswarf. Il sont fonctionnaires quand
Hanke fortifie les rives de Langeness, agriculteurs lorsqu’il s’occupe de la ferme, et hôteliers quand Britta gère leurs chambres d’hôtes.
«Ne dites pas que les Halligen sont des îles ou vous n’avez rien compris ! » disent les Halliguiens. Ces bancs de tourbe, de sable et de glaise se sont formés au fil des siècles grâce aux courants capricieux qui serpentent dans la Frise du Nord.
Après la “Grande Noyade” du 17 janvier 1362, la technique des Warften aura permis aux hommes de venir peupler les Halligen au fur et à mesure de leur formation, reprenant à la mer des terres qu’elle leur avait violemment dérobées.
Ancien professeur sur le continent, Theo Steinmann est depuis longtemps amoureux des Halligen où il passe sa retraite. Quant à Jan Niemann, cet instituteur de Hambourg a accepté avec enthousiasme de s’occuper de l’école de Langeness. C’est son premier poste.
Hanke et Britta habitent avec leurs trois enfants Niels, Lasse et Öse sur Honkenswarf. Il sont fonctionnaires quand Hanke fortifie les rives de Langeness, agriculteurs lorsqu’il s’occupe de la ferme, et hôteliers quand Britta gère leurs chambres d’hôtes.
Depuis des siècles, les Halliguiens se sont adaptés aux Landuntern, qui, en quelques minutes, peuvent soulever la mer et la porter au seuil de leurs maisons.
Depuis des siècles, les Halliguiens se sont adaptés aux Landuntern, qui, en quelques minutes, peuvent soulever la mer et la porter au seuil de leurs maisons.
«Un fort vent d’ouest, une marée particulièrement haute, une pleine lune… On connaît bien les critères qui favorisent les Landuntern, raconte Fiede Nissen. Mais il arrive qu’ils soient tous réunis et que rien ne se passe. Et un Landunter peut aussi survenir en plein été alors que personnene s’y attend ! ».
Après la tempête de 1962 qui causa de très gros dégâts aux Halligen, les maisons ont été restaurées et renforcées :
des chambre-refuge fortifiées par quatre pylônes de béton doivent désormais servir d’abris de secours en cas de coup dur.
«Un fort vent d’ouest, une marée particulièrement haute,une pleine lune… On connaît bien les critères qui favorisent les Landuntern, raconte Fiede Nissen. Mais il arrive qu’ils soient tous réunis et que rien ne se passe. Et un Landunter peut aussi survenir en plein été alors que personne ne s’y attend ! ».
«Un fort vent d’ouest, une marée particulièrement haute, une pleine lune… On connaît bien les critères qui favorisent les Landuntern, raconte Fiede Nissen. Mais il arrive qu’ils soient tous réunis et que rien ne se passe. Et un Landunter peut aussi survenir en plein été alors que personne ne s’y attend ! ».
«Un fort vent d’ouest, une marée particulièrement haute, une pleine lune… On connaît bien les critères qui favorisent les Landuntern, raconte Fiede Nissen. Mais il arrive qu’ils soient tous réunis et que rien ne se passe. Et un Landunter peut aussi survenir en plein été alors que personne ne s’y attend ! ».
« Landunter ! Landunter ! » Les enfants adorent ces inondations imprévisibles et soudaines qui isolent les Warften les uns des autres pendant plusieurs heures. De sa fenêtre, Niels peut contempler son école, inaccessible pour la journée.
« C’est paradoxal, mais nous aimons les Landuntern, avoue Britta. Cette façon de suspendre le temps, ce sentiment de douce solitude, ce paysage soudain complètement différent au pas de votre porte, toutes nos maisons, de loin en loin,
comme autant de petites îles…»
« C’est paradoxal, mais nous aimons les Landuntern, avoue Britta. Cette façon de suspendre le temps, ce sentiment de douce solitude, ce paysage soudain complètement différent au pas de votre porte, toutes nos maisons, de loin en loin,
comme autant de petites îles…»
« Il arrive que les Landuntern, lorsqu’ils nous surprennent, emportent à la mer le foin fauché la veille par une belle journée d’été, ou pire, qu’ils noient quelques vaches ou moutons que nous n’avons pas eu le temps de mettre en lieu sûr »
« Il arrive que les Landuntern, lorsqu’ils nous surprennent, emportent à la mer le foin fauché la veille par une belle journée d’été, ou pire, qu’ils noient quelques vaches ou moutons que nous n’avons pas eu le temps de mettre en lieu sûr »