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Au Charbon!
Photographies : Guillaume COLLANGES

 
Du haut d’un terril, vue sur le chevalement du puits Cuvelette et le lavoir de Freyming-Merlebach (à gauche).
En tête de taille, le haveur (pilote de la haveuse) commence la descente de l'engin.
Une tonne de charbon extraite dégage 15 m3 de méthane. A cet endroit tout le long de la veine, la ventilation propulse de l'air à 6 m/s. La température est de 28 à 35 degrés et le taux d'humidité de 80 à 100 %.
Dans la salle des pendus de Merlebach, les mineurs se changent avant de descendre.
Les bleus de travail, suspendus à des chaines, sont séchés par des conduites d'air chaud situées en hauteur.
Les mineurs s’apprêtent à descendre munis de leurs casques, lunettes, lampes et masques à oxygène de secours. (La batterie de la lampe et le masque, fixés à la ceinture pèse à peu prés 5 kilos).
Dans l’ascenseur, les mineurs se tiennent les uns aux autres pour garder l’équilibre malgré les secousses.
La descente à 1250 mètres s’effectue en 2 minutes. L’ascenseur peut transporter jusqu’à 150 hommes.
Sainte Barbe, patronne des mineurs célébrée le 4 Décembre, jour chômé pour les mineurs.
Le train mettra 20 minutes pour parcourir les 4 kilomètres qui séparent le puits de descente de la veine de charbon.
Pendant le trajet, chacun occupe son temps : certains mangent, d’autres discutent, dorment ou jouent aux cartes.
Pendant le trajet en train. Au total, il aura été creusé 160 km de galeries.
Groupe de mineurs. Les équipes de fin et de début de service se croisent au fond de la mine.
Quatre équipent se relais au fond, une de 6 à 14h, une de 12 à 20 h, une de 18 à 2h et une de 00 à 8h.
La mine tourne 24 h sur 24.
Détail du monstre à l'arrêt.
Une des deux roues dentées équipant la haveuse Electra 2000, dernier fleuron technologique de l'extraction charbonnière. Chaque pique propulse de l'eau pour diminuer les projections de poussières.
Au passage de la haveuse (machine d’extraction du charbon), une poussière dense envahit la veine.
On ne perçoit plus alors que les faisceaux des lampes frontales.
1250 mètres sous terre. La plupart des mineurs ont commencé leur carrière à 16 ou 17 ans.
Tunnel de sortie en bas de taille. Au total, il aura été creusé 160 km de galeries. Chacune est équipée de canalisations de captage des eaux (30 m3/min remontées à la surface), de conduites d'aérage (60 m3/s sont propulsés au fond pour diluer et évacuer le grisou) et d'azote (pour neutraliser tout départ de feu), de câbles électriques...
1250 mètres sous terre. Détails d'un bloc de charbon éclairé à la lampe frontale. L'autre or noir.
Une fois le minerai épuré, il est envoyé par voie ferrée à la cokerie de Carling.
A l’intérieur de la cathédrale industrielle.
Pose repas. A quelques jours de la fin, les conversations tournent surtout sur l’après-mine. Les plus jeunes devront travailler encore quelques années avant d’être en CCFC. Les autres redoutent leur retraite à 45 ans.

Jean Esteveld, adjoint au chef de service du Lavoir. (à gauche)
« C’est vrai que pour l’avenir des jeunes dans la région, c’est pas idéal, on a tous des enfants à l’école et on ne sait pas ce qu’ils vont devenir. La seule opportunité ici c’est de faire des études le plus tard possible. Y’a pas de nouvelles entreprises qui s’implantent ici. On a la chance d’être frontalier, beaucoup vont travailler en Allemagne et au Luxembourg.
Nous, on part avec une paie, une garantie au moins. Retraite à 45 ans avec 80 % du salaire et des avantages : aux Houillères on a le logement et le chauffage gratuit. Par rapport aux gars du privé, même si les salaires sont ce qu’ils sont, on est bien loti.
Dans beaucoup de familles, comme on n’a pas le droit de retravailler, c’est la femme qui reprend un boulot pour apporter un complément de salaire et aussi parce qu’elle ne supporte pas son mari à la maison. Une cellule psychologique a été créée parce qu’il y a beaucoup de divorces, de gars qui traînent au bistrot »
Un laveur pendant sa ronde de surveillance.
30 000 tonnes de charbon brut par jour pouvaient y être digérées.
Chevalement du puits Sainte-fontaine fermé en 1986.

Jean-Marc Philippe, Porion responsable sécurité

"Avec nos 20 ans d’ancienneté, on n’a plus personne derrière. Y a plus de jeunes, de sang neuf, plus personne à qui on peut avoir cette fierté de transmettre ce qu’on a acquis pendant toutes ces années. C’est comme si on ne faisait pas notre travail jusqu’au bout parce qu’il n’y aura plus personne qui saura faire ce qu’on a fait."
La principale mission du maçon-fumiste consiste à contrôler l’étanchéité des fours.
Dans les galeries de service, la température atteint couramment plus de 50°C.
La carbonisation de 20 tonnes de charbon donne en moyenne 15 tonnes de coke, 700 kilos de goudrons, 190 kilos de benzols, 170 kilos de sulfate d’ammoniac, 6500 m3 de gaz.
Batterie de 90 fours droits de Carling 2. La capacité de production des HBL avoisine le million de tonnes de coke par an.
Changement d'équipe.
Au-dessus des fours, ouverture de la trappe d’appel d’air lors du défournement.
Arien Tursic, Cokier Chef d’équipe.


Quand on a la visite médicale, ils trouvent jamais rien. Là on est en train de faire un dossier pour tout ce qui concerne les poumons et tout ça. Il faut que ce soit suivi à fond parce que je sais qu’en 2007, y aura plus de charbonnage de France. Je sais pas chez qui faudra réclamer et là on se pose des questions pour les gens qui par la suite auront de nombreuses séquelles suite au travail effectué. C’est beaucoup les poumons qui sont attaqués. On a 3 cas au tribunal. C’est des gars que je connais très bien, qui ont fait toute leur carrière à la cokerie, depuis plus de 30 ans. Y avait pas encore de CCFC, c’est des gars qui sont amochés. Y en a qui ont les deux poumons foutus et au tribunal, ça traîne, ça traîne…Ils n’aiment pas reconnaître ça. Y a gain de cause mais le charbonnage de France a fait appel. Donc y a encore rien de réglé. Les visites médicales chez nous, ils regardent les radios des poumons, c’est toujours bon, même si y a des petites tâches noires, c’est normal : « vous fumez ? ah ben c’est ça » tout sur la cigarette quoi. "
Vue de la cheminée de refroidissement du coke.
Toutes les 15 minutes, un panache de vapeur s’envole au-dessus de la cokerie.
À l’enfournement du pain de charbon, un nuage de gaz s’échappe.