Du haut d’un terril, vue sur le chevalement du puits Cuvelette et le lavoir de Freyming-Merlebach (à gauche).
Merlebach. Cité minière Hochwald, en face du puits Vouters. Au fond, l'hopital des Houillères du Bassin de Lorraine.
Jean-Marie Guzik, 45 ans, ancien mineur en CCFC (congé charbonnage de fin de carrière) depuis le 14 mars 2003, devant sa maison cité Belle Roche.
Lettre écrite lors de son départ en retraite.
« Aujourd’hui, je prends définitivement congé de la mine. Cette mine qui déploie ses boyaux dans les profondeurs de la terre et dont les veines abondent de charbon. Cette mine qui cache dans ses entrailles les vestiges du passé, témoins de l’histoire du monde et de la houille. Cette mine obscure, royaume des ténèbres, insensible à la lumière du jour et dépourvue de fenêtres. Cette mine que j’ai tant haïe lorsqu’elle a gravement handicapé mon père et anéanti mes grands pères. Cette mine qui a tant fait pleurer ma mère, mes frères et ma sœur. Cette mine que j’ai maudite lorsqu’elle a enseveli des collègues, emmuré des camarades et volé la vie de mes amis. Cette mine qui terrorise nos épouses et nos enfants. Cette mine capricieuse que je méprisais lorsqu’elle lâchait son grisou et crachait son venin incandescent. Cette mine épuisante lorsqu’elle nous fait lever à 4 heures du matin et tellement inopportune certains dimanches et jours fériés. Cette mine qui remplit nos poumons de silice et fait vaciller nos maisons. Mais si pour moi l’épopée du charbon se termine, j’aurais toujours une pensée nostalgique pour cette mine qui depuis deux siècles fait vivre toute une région. Cette mine qui a donné du travail à plusieurs générations. Cette mine qui nourrit aujourd’hui encore ma famille. Cette mine qui m’a donné un toit pour m’abriter et un combustible pour me chauffer. Cette mine qui a donné ses lettres de noblesse à un vrai métier d’homme, celui de mineur. »
Dans toutes les villes alentour, de vieilles berlines trônent aux bords des routes.
Au fond l’ancien siège des HBL, construit en 1964.
Dans la salle des pendus de Merlebach, les mineurs se changent avant de descendre.
Les bleus de travail, suspendus à des chaines, sont séchés par des conduites d'air chaud situées en hauteur.
Salle d'attente avant la descente. Les mineurs se saluent, discutent, fument une dernière cigarette, boivent un café... ou regardent "Vidéo-Gag" retransmis sur des téléviseurs.
Dans le hall des mineurs, un porion (chef d’équipe) du matin transmet au porion de l’après-midi l’avancée des travaux.
Salle d'attente avant la descente. Les mineurs se saluent, discutent, fument une dernière cigarette, boivent un café... ou regardent "Vidéo-Gag" retransmis sur des téléviseurs.
Les mineurs s’apprêtent à descendre munis de leurs casques, lunettes, lampes et masques à oxygène de secours. (La batterie de la lampe et le masque, fixés à la ceinture, pèse à peu près 5 kilos).
Dans l’ascenseur, les mineurs se tiennent les uns aux autres pour garder l’équilibre malgré les secousses.
La descente à 1250 mètres s’effectue en 2 minutes. L’ascenseur peut transporter jusqu’à 150 hommes.
Dans l’ascenseur, les mineurs se tiennent les uns aux autres pour garder l’équilibre malgré les secousses.
La descente à 1250 mètres s’effectue en 2 minutes. L’ascenseur peut transporter jusqu’à 150 hommes.
Sainte Barbe, patronne des mineurs célébrée le 4 décembre, jour chômé pour les mineurs.
Conducteur de la berline au fond de la mine, à 1250 mètres sous terre.
Le train mettra 20 minutes pour parcourir les 4 kilomètres qui séparent le puits de descente de la veine de charbon.
Pendant le trajet, chacun occupe son temps : certains mangent, d’autres discutent, dorment ou jouent aux cartes.
Pendant le trajet en train. Au total, il aura été creusé 160 km de galeries.
Groupe de mineurs. Les équipes de fin et de début de service se croisent au fond de la mine.
Quatre équipent se relais au fond, une de 6 à 14h, une de 12 à 20 h, une de 18 à 2h et une de 00 à 8h.
La mine tourne 24 h sur 24.
Portrait de mineur en fin de service.
Détail d'un éclairage et des inombrables tuyaux qui alimentent la mine.
Portrait de mineur après le poste de nuit.
Les tunnels d'accès sont clairs car recouvert d'une poudre minérale non inflammable.
Sas de sécurité menant à la taille.
En tête de taille. Un mineur surveille le taux de CH4 (méthane ou grisou) dégagé par le "vieux" : ce qui reste de la veine de charbon. Le dernier accident remonte au 25 février 1985 : il fit 22 morts au puits Simon.
La haveuse ronge la veine, et au fur et à mesure de son avancée, le plafond s'écroule derrière elle.
Une tonne de charbon extraite dégage 15 m3 de méthane. A cet endroit tout le long de la veine, la ventilation propulse de l'air à 6 m/s. La température est de 28 à 35 degrés et la taux d'humidité de 80 à 100 %.
En tête de taille, le haveur (pilote de la haveuse) commence la descente de l'engin.
Une tonne de charbon extraite dégage 15 m3 de méthane. A cet endroit tout le long de la veine, la ventilation propulse de l'air à 6 m/s. La température est de 28 à 35 degrés et le taux d'humidité de 80 à 100 %.
Détail du monstre à l'arrêt.
Une des deux roues dentées équipant la haveuse Electra 2000, dernier fleuron technologique de l'extraction charbonnière. Chaque pique propulse de l'eau pour diminuer les projections de poussières.
A 1 250 mettre sous terre, détails d'un bloc de charbon éclairé à la lampe frontale. L'autre or noir.
Au passage de la haveuse (machine d’extraction du charbon), une poussière dense envahit la veine.
On ne perçoit plus alors que les faisceaux des lampes frontales.
1 250 mètres sous terre. La plupart des mineurs ont commencé leur carrière à 16 ou 17 ans.
Piqueurs au travail. D'énormes visses de plusieurs mètres de long sont ainsi fixées dans les galeries pour renforcer leur stabilité. Les mineurs rassemblent plusieurs dizaines de corps de métier.
Portrait de mineur. Veine Dora, 1 200 mêtres sous terre.
Bruit et fureur, le monstre remonte le long de la veine. A chaque passage, la haveuse extrait 980 tonnes de charbon. Une tonne de charbon dégage 15 m3 de méthane... et beaucoup de poussière.
Portrait de mineur. Veine Dora, 1 200 mêtres sous terre.
Portrait de mineur. Veine Dora, 1 200 mêtres sous terre.
Tunnel de sortie en bas de taille. Au total, il aura été creusé 160 km de galeries. Chacune est équipée de canalisations de captage des eaux (30 m3/min remontées à la surface), de conduites d'aérage (60 m3/s sont propulsés au fond pour diluer et évacuer le grizou) et d'azote (pour neutraliser tout départ de feu), de câbles électriques...
Equipe de transport de matériel au fond. Les mineurs rassemblent plusieurs dizaines de corps de métier.
Sortie de l'acsenseur après le service du matin.
Détail des lampes. Chaque mineur a un numéro qu'il retrouve sur sa lampe, sur son masque de secours, sur la chaine de la salle des pendus et sur le tableau de présence au fond. En cas d'accident, les équipes de sécurité savent qui est resté au fond.
Couloir d’accès à la salle des pendus de Merlebach. Un mineur de l’équipe du matin finit sa journée.
Chevalement du puits Sainte-fontaine fermé en 1986.
Jean-Marc Philippe, Porion responsable sécurité
"Avec nos 20 ans d’ancienneté, on n’a plus personne derrière. Y a plus de jeunes, de sang neuf, plus personne à qui on peut avoir cette fierté de transmettre ce qu’on a acquis pendant toutes ces années. C’est comme si on ne faisait pas notre travail jusqu’au bout parce qu’il n’y aura plus personne qui saura faire ce qu’on a fait."