« A cause de la sécheresse, rien ne pousse ici. On compte sur le ciel, mais il ne pleut que du sable ».
Témoignage de Dehai Li, habitante de Longbaoshan, un village touché par les tempêtes de sable en Chine.
Qui sème l'espoir…
Octobre 2005, les médias investissent la banlieue. Les images de nuits incendiaires déferlent. Parties de Clichy-sous-Bois, les émeutes grondent pendant trois longues semaines. Puis le brasier s’éteint. Et avec lui, les écrans de télé. Octobre 2006, huit jeunes incendient un bus à Marseille. Mama Galledou est grièvement brûlée. Lors du procès, l’un d’eux se défend avec ces mots : « Ce soir, il faut que je brûle un bus. A Paris, ils brûlent et ils passent à la télé ». Parce que la banlieue ne se résume pas à un écran de fumée, une photographe et une rédactrice du collectif Argos ont cherché à mettre en contradiction le réel en partant à la rencontre des habitants des cités pour recueillir leurs vérités. Pendant deux ans, ces deux journalistes ont pris le temps de se mettre en quête d’actions porteuses d’espoir menées à travers un département emblématique de la banlieue : la Seine-Saint-Denis. Loin de ce regard stigmatisant qui laisse de profondes cicatrices, mais sans pour autant nier les difficultés que concentre - plus que tout autre - cette collectivité. Malgré la pauvreté, le chômage, la violence, ce « lieu » mis au « ban » de la société abrite un esprit concret de solidarité, un riche tissu associatif ainsi qu’un réel dynamisme culturel. En témoignent ces instants pris sur le vif.
Ici d'ailleurs
« Le vêtement est un excellent outil pour créer des passerelles entre des gens issus de multiples origines. Le Défilé des cultures se compose de deux parties. L’une consacrée aux costumes traditionnels afin de favoriser l’ouverture d’esprit d’une communauté à l’autre. La seconde aux créations « maison » sur un thème fédérateur, comme les grands couturiers ou les peintres, afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté. »
Depuis 2005, Rosine Bellanger, adjointe au maire chargée de la politique de la ville et de la culture à Montfermeil, fait défiler ses habitants... Le 7 février 2009, plus de 200 participants vêtus de leurs costumes traditionnels colorés arpentent avec fierté le podium aménagé dans le gymnase de la ville. 23 drapeaux sont à l’honneur. Retour dans les coulisses, le temps de se changer pour passer une robe-fleur, fil conducteur de cette quatrième édition, en référence à l’un des quartiers de Montfermeil. Une pervenche, un coquelicot, un myosotis, une marguerite, une pensée… pour un bouquet final d’une rare créativité.
Prochaine édition : le samedi 6 février 2010 sur le thème de l'architecture.
Hauteur de vue
« Les chantiers internationaux permettent d'élargir le champ d'horizon des jeunes des cités, eux qui ont une réelle volonté d'ouverture, sans en avoir les clefs. » C'est pourquoi Salim Hocini, responsable des "16-25 ans" au Point Information Jeunesse de Villetaneuse, emmène chaque été un groupe participer à la rénovation de la Butte Pinson.
Perchés sur ce fort construit après la guerre de 1870, ils prennent de la hauteur de vue grâce aux moments partagés avec d'autres jeunes venus de Pierrefitte, Groslay, Montmagny et au-delà même des frontières de l'hexagone. En juillet 2009, ils étaient ainsi 15 Coréens, Taïwanais, Arméniens, Russes, Espagnols ou encore Turcs à avoir choisi de passer un été solidaire.
Ta mère sur un voilier !
« Sortis du contexte de la cité, quand les jeunes n'ont plus leurs repères habituels, je suis frappé de voir à quel point ils sont respectueux des adultes. En un week-end de voile, tous les clichés s’effondrent. » Du 5 au 7 juin 2009, Guy Albertini, bénévole à Promovoile 93 – une association au généreux slogan :
La voile pour tous – a emmené avec son équipe 130 jeunes de toute la Seine-Saint-Denis dans la baie de Quiberon.
Après avoir été caressés par le soleil breton, les équipages ont essuyé une tempête. Mais il en fallait plus pour doucher leur enthousiasme. Comme Titouan, 14 ans : « J’ai l’impression d’avoir éclairé un nouveau couloir : La voile c’est spécial et c’est ça qui est génial. Tu dois être super concentré, obéir aux ordres du skipper, faire attention aux copains. C’est ensemble qu’on fait avancer le voilier. » Et c’est ensemble qu’ils sont arrivés premiers de la 17ème édition du Trophée des Bahuts.
La fleur des femmes
« L’atelier Santé a été créé en 1990 pour les femmes en cours d’alphabétisation. Je me souviens qu’à la fin, l’une d’elles nous avait confié: « Ah ! J’ai eu cinq enfants et c’est seulement aujourd’hui que je comprends comment j’ai fait… » Il a fallu quatre séances de deux heures accompagnées de la projection d’une centaine de diapositives présentant les organes du bassin, le cycle hormonal, la grossesse ainsi que les moyens de contraception pour arriver à cette prise de conscience ! »
Depuis, chaque année, l’association Femme dans la cité, située au rez-de-chaussée d’un immeuble du quartier du Clos-Saint-Lazare à Stains, invite le docteur Yamina Setti pour animer l’atelier Santé-Connaissance du corps. L’occasion d’expliquer aux mères de famille « qu’il n’y a pas que des intestins qui, comme le croyait l'une d'elles, se cachent dans le ventre des femmes » !
Un air de Méditerrannée
« J’ai croisé ce groupe de vieilles Méditerranéennes il y a deux ans au théâtre du Rond Point des Champs-Elysées. J’ai été scotchée par leurs magnifiques visages. Moi qui ai un pied en Espagne de par ma mère, l’autre en Italie de par mon père, et le cul en Méditerranée, je me suis tout de suite sentie proche d’elles ! Je leur ai demandé : Vous chantez ? Elles m’ont répondu : Pourquoi pas ? »
De cette rencontre avec Joséphine Lazzarino, chanteuse traditionnelle, est né l’atelier Chants du monde à la Maison des Tilleuls du Blanc-Mesnil. Depuis septembre 2007, chaque vendredi après midi, un groupe d’une dizaine de Maghrébines âgées de plus de 60 ans, se retrouvent pendant deux heures autour d’une table regorgeant de sucreries pour échanger des nouvelles des enfants, se souvenir des belles choses, piaffer de rire et chanter des airs de la Méditerranée.
Le théâtre de la vie
« On a cherché à faire naître des valeurs de citoyenneté et de solidarité dans le quartier Pierre Sémard à Saint-Denis. Pour montrer que l’on peut régler les problèmes sans avoir recours à la violence. Pour ne plus avoir peur de l’abus de pouvoir. Pour oser enfin s’approprier la parole. Parce qu’on peut dire : Non, je ne suis pas d’accord face à cette injustice. Non, je refuse cette oppression. »
Ouarda, éducatrice dans un club de prévention spécialisé sur le nord de Saint-Denis a demandé à la compagnie Naje d’animer un Théâtre-Forum. Pendant quatre mois, chaque mardi soir, une dizaine d’habitants ont apporté leurs histoires. Epaulés par deux comédiennes-animatrices, ils en ont fait des scènes de vie. Mis au point au Brésil dans les années 60 pour lutter contre la dictature des militaires, ce théâtre participatif a été transposé en France par la compagnie Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir.
Les buveurs d'encre
« Quand j'ai dit à mon frère que j'allais acheter des livres avec mes Chèques-Lire, il m'a demandé d'en prendre pour lui. J'ai dit "non". Je veux tout pour moi. J'ai acheté un Bescherel conjugaison parce que je suis nul : au lieu d'écrire les verbes à l'imparfait, je les fais au futur, alors ça change tout le sens des phrases. J'ai aussi choisi un dico, des BD des Simpsons et un truc sur les momies. »
Pour permettre au maximum d'enfants, comme Nazir, d'avoir accès à la culture, la CAF de Seine-Saint-Denis organise l'opération Lire, écrire, grandir avec distribution de Chèques-Lire et organisation d'un concours d'écriture. A l'association Culture et Solidarité de Noisy-le-Grand, une vingtaine d'élèves y ont participé cette année. Les gagnants ont été récompensés d'une journée d'accrobranche et d'une visite à la Villette. L'été venu, ils ont pu encore se rassasier de lecture grâce à la Bibliothèque de rue.
L'alpha c'est le "B.A. BA"
« J'ai quitté le Mali pour la France en 1990. Je parle couramment la langue mais je ne sais ni lire ni écrire. Je me suis décidé à venir à l'Asti prendre des cours après avoir raté une formation qualifiante à cause de ça. Et puis, c'est difficile quand on me donne une adresse au téléphone pour aller en entretien d'embauche. Je ne peux quand même pas demander de m'épeler lettre par lettre : "R-U-E D-U..." Alors, je retiens quelques secondes dans ma tête et je demande à un copain de me l'écrire sur un papier. »
Certains viennent d'arriver en France, d'autres sont là depuis... plus de 20 ans. A chacun ses raisons pour apprendre le Français à l'Association de soutien aux travailleurs immigrés de Clichy-sous-Bois : Franchir sans angoisse les portes de la mairie. Suivre les devoirs de ses enfants. Trouver du travail. Rompre sa solitude. Devenir enfin autonome.
Ricoche de là !
« C’est pour permettre à ceux qui sont les plus exclus de l'emploi de s’intégrer, qu’on a créé le Ricochet. Prenez un groupe de jeunes, et bien la solidarité qui règne entre ses membres, on la transforme de façon positive. Comment ? En les mettant en situation réelle de travail sur des chantiers de réhabilitation de logement ou de construction neuve. Soit dans leur cité, soit ailleurs pour les inciter à la mobilité. »
Yahia Bellakhal, cofondateur et directeur de cette association d'aide à l'emploi située à Aulnay-sous-Bois, propose aux jeunes qui tiennent le mur et squattent les caves de leur donner une chance. Chaque année, près de 30 personnes, entre 18 et 30 ans, sont suivies sur des contrats d'une durée de 6 à 24 mois. Le temps de les accompagner dans la construction de leur parcours professionnel : de l'acquisition d'une première expérience à l'obtention d'un emploi stable. Le temps aussi, pour certains, de panser les blessures d'une vie chaotique.
Racines vagabondes
« Ici, c’est tellement différent de l’usine. Je comprends que pour quelqu’un qui n’a jamais touché une pelle et une pioche ça peut sembler difficile, mais être en contact avec la nature, travailler avec de la vie, récolter ce qu’on a semé, c’est tellement valorisant ».
Vînh-An Tran est responsable du jardin d’insertion du Pont Blanc implanté par l’association Aurore au pied d’une cité sensible de Sevran. Signe particulier : tous les fruits et légumes cultivés sont biologiques. Une trentaine de personnes viennent y suivre une formation au vert. Le temps d’un contrat aidé d’une durée de 6 à 12 mois, ils s’approprient les clefs du monde professionnel et découvrent une autre façon de s’alimenter, loin de la « malbouffe ».
La rage de s'engager
Leur corps comme instrument : Djahyef, Hippocampe et Nivu Nikonu, les trois membres du groupe la Secte Phonétik, fabriquent une cascade de sons et de rythmes à l’aide de leurs seules cordes vocales. Des mélodies entraînantes auxquelles se mêlent et s’entremêlent des paroles malicieuses qui tordent le cou aux clichés véhiculés sur le rap. Une ouverture d’esprit qui se traduit dans leurs concerts où ils invitent des artistes venus de multiples horizons ainsi que dans les ateliers de human beatbox qu’ils animent en Seine-Saint-Denis.
www.lasectephonetik.com
L'emploi en mosaïques
« A un moment donné, il y a un énorme fossé à franchir : celui du premier emploi avant de rentrer dans la spirale du monde professionnel. »
Afin de permettre aux jeunes diplômés "Bac + 2 ou plus " des quartiers populaires de mettre un pied dans ce monde, Saïd Hammouche a fondé, en décembre 2007, le premier cabinet associatif de recrutement spécialisé dans la promotion de la diversité : Mozaïk RH. Un nom qui reflète « l’unité dans la différence ». Grâce à ses partenariats noués avec 45 entreprises, dont 12 au CAC 40, Mozaïk RH a jusqu'à présent suivi - gratuitement - 3000 jeunes "talents" d'origine sociale modeste, souvent enfants d'immigrés, qui ont grandi loin des réseaux professionnels.. De quoi participer à la restauration de l'égalité des chances...
Népal : horizons perdus
Les glaciers de l'Himalaya font partie de ceux qui se réduisent le plus vite à cause du réchauffement de la planète. Cette fonte accélérée du « Toit du monde » présente de multiples dangers pour les Népalais. Dans les 5 à 10 prochaines années, plus de 20 lacs glaciaires de ce pays vont se gorger d’eau. Sous la pression, le barrage naturel va rompre, comme en 1985. Lorsque le lac du glacier Dig Tsho a explosé, un torrent d’eau charriant des débris, des pierres, des troncs d’arbres et de la boue s’est déversé dans la vallée, emportant tout sur son passage.
Chine : la colère du dragon jaune
Longbaoshan, un petit village de 900 habitants, situé à 75 kilomètres au Nord ouest de Pékin, vit au rythme des vents de sable qui emportent ses hommes. Déjà, 200 habitants sont partis à Pékin en quête de travail. La Chine est l’un des pays les plus touché par la désertification. Le quart du territoire est affecté et le désert gagne désormais chaque année plus de 2 500 kilomètres2.
Tchad : marée basse sur le lac
La quatrième plus grande réserve d’eau douce d’Afrique est en train de disparaître. Et avec elle, la vie. Bordé par quatre Etats riverains (le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun), le lac Tchad a perdu en quarante ans 90 % de sa surface, passant de 25 000 km² à 2 500 km². Cette année, l’affaiblissement de la mousson africaine est tel que le lac ne parvient même pas aux frontières du Nigeria et du Niger, privant ces pays de leur accès à l’eau. Comme les hommes n’ont pas de prise sur la pluie, ils partent. En quête d’un ciel chargé de nuages... En vain.
La parité sur la voie du garage
Le tout premier garage au féminin a ouvert ses portes à Montpellier en janvier 2008. Pendant deux années, quinze jeunes filles se sont formées à la mécanique, la carrosserie et la peinture à « Base 34 ». L’idée est celle d’un … homme, Hervé Malige, fondateur et directeur de ce centre de formation : « J’ai voulu provoquer un électrochoc dans le milieu macho de l’automobile. »
Rester belle derrière les barreaux
Les grands miroirs fixés au mur accrochent le regard fuyant des détenues. Leur peau a pris la couleur papier mâché de la Maison d’arrêt des femmes de Fresnes. Leurs yeux se sont cernés au fil des nuits passées à lutter contre l’insomnie. Et leurs ongles, hier jaunis par le crack, sont aujourd’hui rongés par le manque. Pour leur première journée au « Quartier Inter Sortantes », six détenues, toutes volontaires, découvrent, ce que dans le jargon de Fresnes, on appelle le « QIS ». Unique en France, cette structure a été créée en 1998 pour soigner les toxicomanes à l’aide d’un traitement de substitution, aider psychologiquement celles qui ont du mal à supporter l’enfermement et préparer la sortie des femmes arrivées en fin de peine afin de limiter les récidives. Chaque matin à 9 heures pendant un mois, les six détenues âgées de 22 à 38 ans quittent en petit groupe leurs cellules exiguës et traversent la cour pour passer la journée dans cet ancien bâtiment de l’administration pénitentiaire où flotte un avant-goût de liberté.
Les Blouses Roses contre le blues
Grâce aux "Blouses Roses" et à l’imaginaire coloré et pétillant de la styliste Agatha Ruiz de la Prada, on peut voir un peu plus la vie en rose quand on est à l’hôpital ou en maison de retraite,. Fondée en 1945, cette association rassemble aujourd’hui 3000 bénévoles à travers toute la France. Surtout des femmes qui, une fois passées leurs blouses de couleur rose sur leurs vêtements de ville, interviennent dans les hôpitaux ou les maisons de retraite pour permettre aux enfants et aux personnes âgées de s’évader de leurs chambres. Grâce à des jeux, des contes, des discussions, des travaux manuels, des chorales ou encore des revues de presse. Le soir venu, il y a même des berceurs pour aider les tous petits à s’endormir. Chut … !!
Que reste-t-il du cinéma en Palestine ?
Que reste-t-il du cinéma en Palestine ? Des bobines rouillées jonchant un sol poussiéreux. Des affiches délavées aux bords déchirés. Une salle vidée de ses éclats de rires, ses murmures et pleurs étouffés.
Dans ce pays en guerre, l'absence de rayon de lumière, qui, depuis la cabine de projection illuminait l'écran, plonge tout un peuple dans la nuit.
Auschwitz. le Train de la Mémoire
« Pourquoi aller à Auschwitz ? » « Pour mettre des images sur ce que l’on apprend en cours ». « Pour ne pas faire les mêmes erreurs ». « Pour aller sur une tombe de l’humanité ». Dimanche 22 octobre 2006, 17h30, le Train de la Mémoire s’ébranle. A son bord, 450 élèves venus de toute la France. A chacun ses raisons pour faire ce voyage aller-retour à Auschwitz.
N.B. : Le 27 janvier est la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste.
Le Caire. Des fleurs sur les ordures
Depuis le départ de Soeur Emmanuelle du Caire en 1993, une autre Sœur, Sara, Egyptienne et Copte, continue le travail commencé avec sa complice. Grâce à l’aide financière de Français regroupés au sein de l’« Opération Orange », elle a ouvert l’horizon des zabalines (chiffonniers) jusque-là limité aux tas d’ordures. Aujourd'hui, les enfants ne sont plus la proie des rats, mais vont en chemise blanche à l’école. Les jeunes filles poursuivent leurs études dans un lycée spécialement aménagé pour elles. Certaines vont même à l’université. Maintenant que la plupart d'entre elles travaille, un grand bâtiment est en construction afin d’accueillir une crèche et un club des femmes. Dans ce lieu de rencontres, elles pourront suivre des cours de cuisine, d’hygiène, de couture ainsi que des conférences sur l’éducation des enfants, les méthodes contraceptives et, surtout, la lutte contre l’excision. Un combat prioritaire aux yeux de Sœur Sara qui a fait sienne cette maxime : «Si tu éduques un homme, tu éduques un individu. Si tu éduques une femme, tu éduques un peuple».
Inde. Ashalayam, la maison de l'espoir
Pour offrir un avenir aux enfants des rues de Calcutta, l'association Ashalayam a ouvert vingt pensionnats et quatre refuges de nuit. Aujourd'hui, 550 enfants retournent sur les bancs de l'école ou suivent une formation professionnelle. Font du criquet et du rugby. Réapprennent à se lever tôt. Et mangent à leur faim des plats parfumés. Chaque mois, le dernier dimanche, les plus anciens organisent une kermesse pour donner l'envie de rejoindre Ashalayam aux autres petits qui continuent de faire des rues ou des gares leur lieu de vie. En sanscrit, Ashalayam signifie la "maison de l'espoir".
Biélorussie. L'après Tchernobyl
La mort rôde sur la terre biélorusse. Insaisissable et insatiable. Elle court dans les champs en peignant les sillons d’ombre. Ensemence le lait et la viande de son venin mortel. Se faufile dans les entrailles les plus vulnérables. S’empiffrant de vie.
Malgré le 26 avril 1986, la grande majorité des habitants de Biélorussie sont restés vivre dans les champs, les forêts et les marais qui s’étendent au sud-est. Sur cette terre qui les nourrit. Et les empoisonne. Ce jour-là, le vent soufflait du côté de ce pays et la pluie tombait. Des nuages et des averses porteurs de larmes et de drames. Ce jour-là, l’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. La « Russie blanche », frontalière de l’Ukraine, fut le pays le plus touché par la catastrophe : 70% des éléments radioactifs dégagés lors de l’accident sont retombés sur le quart du territoire le contaminant pour trois siècles, au minimum ...
Pour aller au devant des populations négligées par un système de soins publics défaillant, la Croix Rouge a mis en place, en 1992, des cliniques mobiles.
Kosovo. Des ondes pluriethniques
Hôtel Freedom. Pristina. Suite n°707. Avant la guerre, un général serbe en avait fait son pied-à-terre. L'été 1998, après la capitulation de la Serbie face à l'OTAN, Bernard Kouchner, représentant spécial des Nations Unies au Kosovo, y résida. Aujourd'hui, les murs de la 707 abritent le studio d'enregistrement de la radio Blue Sky. Seul média pluriethnique de cette province serbe placée provisoirement sous administration internationale et peuplée à une écrasante majorité d'Albanais. Dans le hall de l'hôtel, transformé en salle de rédaction, une vingtaine de journalistes et techniciens, d'origine albanaise et serbe, se retrouvent chaque matin pour discuter, en anglais, des sujets à traiter. "Le profil recherché c'était le "livreur de pizzas". Des jeunes débrouillards, curieux, motivés, prèts à apprendre sur le tas. On voulait éviter le vieux journaliste plus déformé que formé " explique le fondateur de l'organisation suisse Hirondelle à qui l'ONU a confié la gestion du projet pour préparer les élections municipales de l'automne 2000.