« A cause de la sécheresse, rien ne pousse ici. On compte sur le ciel, mais il ne pleut que du sable ».
Témoignage de Dehai Li, habitante de Longbaoshan, un village touché par la désertification en Chine.
Népal : horizons perdus
Les glaciers de l'Himalaya font partie de ceux qui se réduisent le plus vite à cause du réchauffement de la planète. Cette fonte accélérée du « Toit du monde » présente de multiples dangers pour les Népalais. Dans les 5 à 10 prochaines années, plus de 20 lacs glaciaires de ce pays vont se gorger d’eau. Et, sous la pression, le barrage naturel va rompre. Comme en 1985 : lorsque le lac du glacier Dig Tsho a explosé, un torrent d’eau charriant des débris, des pierres, des troncs d’arbres et de la boue s’est déversé, emportant tout sur son passage.
Chine : la colère du dragon jaune
Longbaoshan est un village de sable situé dans la province du Hebei, à 75 kilomètres au Nord ouest de Pékin. Depuis plus de quinze ans, ses habitants vivent au rythme de l’avancée des dunes et des tempêtes de sable qui emportent ses hommes. Sur les 900 habitants que rassemblait Longbaoshan, 200 se sont déjà exilés à Pékin.
Pékin qui, régulièrement, se retrouve des jours entiers sous un brouillard dense et des pics de pollution élevés. Un comble pour la capitale qui doit accueillir en 2008 les Jeux olympiques baptisés par les autorités : «Les Jeux verts du millénaire».
Tchad : marée basse sur le lac
La quatrième plus grande réserve d’eau douce d’Afrique est en train de disparaître. Et avec elle, la vie. Bordé par quatre Etats riverains (le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun), le lac Tchad a perdu en quarante ans 90 % de sa surface, passant de 25 000 km² à 2 500 km². Cette année, l’affaiblissement de la mousson africaine est tel que le lac ne parvient même pas aux frontières du Nigeria et du Niger, privant ces pays de leur accès à l’eau. Comme les hommes n’ont pas de prise sur la pluie, ils partent. En quête d’un ciel chargé de nuages... En vain.
Rester belle derrière les barreaux
Les grands miroirs fixés au mur accrochent le regard fuyant des détenues. Leur peau a pris la couleur papier mâché de la Maison d’arrêt des femmes de Fresnes. Leurs yeux se sont cernés au fil des nuits passées à lutter contre l’insomnie. Et leurs ongles, hier jaunis par le crack, sont aujourd’hui rongés par le manque. Pour leur première journée au « Quartier Inter Sortantes », six détenues, toutes volontaires, découvrent, ce que dans le jargon de Fresnes, on appelle le « QIS ». Unique en France, cette structure a été créée en 1998 pour soigner les toxicomanes à l’aide d’un traitement de substitution, aider psychologiquement celles qui ont du mal à supporter l’enfermement et préparer la sortie des femmes arrivées en fin de peine afin de limiter les récidives. Chaque matin à 9 heures pendant un mois, les six détenues âgées de 22 à 38 ans quittent en petit groupe leurs cellules exiguës et traversent la cour pour passer la journée dans cet ancien bâtiment de l’administration pénitentiaire où flotte un avant-goût de liberté.
Les ongles vernis dans le cambouis
Une fois leur bleu de travail zippé, quinze jeunes filles franchissent la porte d’un hangar dans lequel flottent des effluves d’essence et d’huile auxquels viennent se mélanger leurs parfums aux notes vanillées. Depuis janvier 2006, tous les matins, à 8h30, elles se retrouvent au centre de formation « Base 34 » à Vendargues, dans la zone industrielle de Montpellier pour un projet hors du commun dans le milieu de l’automobile : Ouvrir en janvier 2008 un garage au féminin. L’idée est celle d’un … homme, Hervé Malige, fondateur et directeur de ce centre : « J’ai voulu provoquer un électrochoc dans ce monde macho. Le déclic est parti d’une histoire d’amour. J’avais expliqué à ma fiancée comment ça marchait sous le capot de sa Mini Austin pour qu’elle ne se fasse plus avoir par son garagiste. Et elle s’est avérée très douée ». Tout comme ces quinze jeunes filles, âgées de 18 à 29 ans, destinées à devenir mécaniciennes, carrossières, peintres, commerciales, chargées de vente ou encore comptables.
Les Blouses Roses contre le blues
Grâce à l’association les Blouses Roses et à l’imaginaire coloré et pétillant de la styliste Agatha Ruiz de la Prada, on peut voir un peu plus la vie en rose quand on est à l’hôpital ou en maison de retraite,. Fondée en 1945, cette association rassemble aujourd’hui 3000 bénévoles à travers toute la France. Surtout des femmes qui, une fois passées leurs blouses de couleur rose sur leurs vêtements de ville, interviennent dans les hôpitaux ou les maisons de retraite pour permettre aux enfants et aux personnes âgées de s’évader de leurs chambres. Grâce à des jeux, des contes, des discussions, des travaux manuels, des chorales ou encore des revues de presse. Le soir venu, il y a même des berceurs pour aider les tous petits à s’endormir. Chut … !!
Que reste-t-il du cinéma en Palestine ?
Que reste-t-il du cinéma en Palestine ? Des bobines rouillées jonchant un sol poussiéreux. Des affiches délavées aux bords déchirés. Des portes murées aux serrures enchaînées. Une salle désertée sans éclats de rires, sans murmures et pleurs étouffés.
Auschwitz, le Train de la Mémoire
« Pourquoi aller à Auschwitz ? » « Pour mettre des images sur ce que l’on apprend en cours ». « Pour ne pas faire les mêmes erreurs ». « Pour aller sur une tombe de l’humanité ». Dimanche 22 octobre 2006, 17h30, le Train de la Mémoire s’ébranle. A son bord, 450 élèves venus de toute la France. A chacun ses raisons pour faire ce voyage aller-retour à Auschwitz.
N.B. : Le 27 janvier est la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste.
Le Caire. Des fleurs sur les ordures
Depuis le départ de Soeur Emmanuelle du Caire en 1993, une autre Sœur, Sara, Egyptienne et Copte, continue le travail commencé avec sa complice. Grâce à l’aide financière de Français regroupés au sein de l’« Opération Orange », elle a ouvert l’horizon des zabalines (chiffonniers) jusque-là limité aux tas d’ordures. Aujourd'hui, les enfants ne sont plus la proie des rats, mais vont en chemise blanche à l’école. Les jeunes filles poursuivent leurs études dans un lycée spécialement aménagé pour elles. Certaines vont même à l’université. Maintenant que la plupart d'entre elles travaille, un grand bâtiment est en construction afin d’accueillir une crèche et un club des femmes. Dans ce lieu de rencontres, elles pourront suivre des cours de cuisine, d’hygiène, de couture ainsi que des conférences sur l’éducation des enfants, les méthodes contraceptives et, surtout, la lutte contre l’excision. Un combat prioritaire aux yeux de Sœur Sara qui a fait sienne cette maxime : «Si tu éduques un homme, tu éduques un individu. Si tu éduques une femme, tu éduques un peuple».
Ashalayam, la maison de l'espoir
Pour offrir un avenir aux enfants des rues de Calcutta, l'association Ashalayam a ouvert vingt pensionnats et quatre refuges de nuit. Aujourd'hui, 550 enfants retournent sur les bancs de l'école ou suivent une formation professionnelle. Font du criquet et du rugby. Réapprennent à se lever tôt. Et mangent à leur faim des plats parfumés. Chaque mois, le dernier dimanche, les plus anciens organisent une kermesse pour donner l'envie de rejoindre Ashalayam aux autres petits qui continuent de faire des rues ou des gares leur lieu de vie. En sanscrit, Ashalayam signifie la "maison de l'espoir".
L'après Tchernobyl
La mort rôde sur la terre biélorusse. Insaisissable et insatiable. Elle court dans les champs en peignant les sillons d’ombre. Ensemence le lait et la viande de son venin mortel. Se faufile dans les entrailles les plus vulnérables. S’empiffrant de vie.
Malgré le 26 avril 1986, la grande majorité des habitants de Biélorussie sont restés vivre dans les champs, les forêts et les marais qui s’étendent au sud-est. Sur cette terre qui les nourrit. Et les empoisonne. Ce jour-là, le vent soufflait du côté de ce pays et la pluie tombait. Des nuages et des averses porteurs de larmes et de drames. Ce jour-là, l’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. La « Russie blanche », frontalière de l’Ukraine, fut le pays le plus touché par la catastrophe : 70% des éléments radioactifs dégagés lors de l’accident sont retombés sur le quart du territoire le contaminant pour trois siècles, au minimum ...
Pour aller au devant des populations négligées par un système de soins publics défaillant, la Croix Rouge a mis en place, en 1992, des cliniques mobiles.
Kosovo. Des ondes pluriethniques
Hôtel Freedom à Pristina. Suite n°707. Avant la guerre, un général serbe en avait fait son pied-à-terre. L'été 1998, après la capitulation de la Serbie devant les frappes de l'OTAN, Bernard Kouchner, le représentant spécial des Nations Unies au Kosovo, y résida quelque temps. Aujourd'hui, les murs de la 707 abritent le studio d'enregistrement de la radio Blue Sky. Lancé par décision de l'ONU pour contribuer à la préparation des élections municipales organisées à l'automne 2000, Blue Sky est le seul média pluriethnique de cette province serbe placée provisoirement sous administration internationale et peuplée à une écrasante majorité d'Albanais. Dans le hall de l'hôtel, transformé en salle de rédaction, une vingtaine de journalistes et techniciens, d'origine albanaise et serbe, se retrouvent chaque matin pour discuter, en anglais, des sujets à traiter. "Le profil recherché c'était le "livreur de pizzas". Des jeunes débrouillards, curieux, motivés, prèts à apprendre sur le tas. On voulait éviter le vieux journaliste plus déformé que formé. " explique Philippe Dahiden, fondateur de l'organisation suisse Hirondelle à qui l'ONU a confié la gestion du projet.