fleche
L'alpha c'est le "B.A. BA"
Photographies : Jérômine DERIGNY

 
Claire Diop anime l'atelier dit "mobilité" de socialisation à composante langagière. L'idée : Proposer un apprentissage concret basé sur la découverte des transports en commun.

Pour cette animatrice, « la mobilité est la clef de l’intégration : Avec le barrage de la langue, les gens se retrouvent seuls. Il faut leur donner les moyens et le courage de s’ouvrir à ce qui les entoure.»
Série de questions-réponses entre Claire et ses élèves :
« - Comment faîtes-vous pour venir à l’Asti ?
- Je prends le rond-point du "Mac Do".
- Tu veux dire de "La Liberté". En France, chaque lieu a un nom.
- Mais moi, je ne connais pas le nom de l’arrêt de bus où je descends.
- Comment fais-tu alors ?
- Je descends quand je vois que je suis arrivée, c’est tout !
- Et toi, Aïssata, comment tu viens au cours ?
- Avec mon pied !
« Le passeport de la vie, c'est l'éducation » ne cesse de répéter Claire.
« Ma fille Araba, qui est en moyenne section de maternelle, connaît déjà son alphabet par cœur. C’est à elle que je montre mon cahier d’exercices de français. J’espère que dans deux ans, je saurai lire et écrire. Je pourrai alors trouver du travail comme aide ménagère ou auprès des personnes âgées. J’ai hâte. »
Fatoumata
Régulièrement, pour expliquer à ses élèves comment fonctionnent les transports en commun, Claire les emmène prendre le bus...
le métro...
et le RER.
Des visites pédagogiques de sites sont également organisées : au musée du rail à Rosny et à la gare de l'Est à Paris.
Ou de façon plus ludique, au château de Chantilly.
Un moyen pour Claire, face au « fort communautarisme qui existe à Clichy-sous-Bois, de "confronter" toutes ces populations d’origines différentes tout en respectant la culture de chacune. »
Autre sortie : en bateau-mouche sur la Seine.
Jusqu'à la Tour Eiffel, que certains voient de près pour la première fois.
Sans oublier les fêtes pour passer du temps ensemble. Car, comme le regrette Abdelkader, un élève de 65 ans : « Même à la gare du Raincy, il n’y a plus de gens derrière les guichets pour vendre les billets. Si vous êtes seul et que vous ne savez ni lire ni écrire, vous êtes fichu. »