Le public "cible" du Ricochet : les jeunes qui désertent le Pôle emploi et les Missions locales.
« Mon père n'a jamais compris pourquoi des gens comme lui, qui avaient tout donné à la France, qui avaient participé à la construction de ce pays, n’ont rien reçu en retour. Pire, quand il y a eu trop de chômage, on leur a demandé de rentrer chez eux. Et aujourd'hui, leurs enfants, nés en France, ne trouvent pas de boulot. »
Morad, médiateur-encadrant.
Singh, 25 ans, et Stéphane, 19 ans. Deux jeunes employés par Le Ricochet en CDD pour six mois sur des chantiers dans le second œuvre bâtiment.
Créé en 1997, Le Ricochet a été conventionné en 2006 « insertion par l’activité économique ». C'est une structure hybride : à la fois entreprise d’insertion et association.
« J’ai un BEP peinture. J’ai cherché du boulot pendant 9 mois. Ça sert à rien les diplômes. : les patrons, ils veulent pas nous donner notre chance quand on n’a pas d’expérience. »
Stéphane.
« Dans le fond, ça sert à rien non plus de repeindre les cages d'escaliers à la cité des 3000. C’est trop en mauvais état. Les ascenseurs sont toujours en panne. C'est trop crade, ça fait vraiment pitié. Ce qu’il faut, c’est changer tout : trouver du travail aux jeunes et proposer des loisirs aux petits. »
Stéphane.
« J'ai fait appel au Ricochet parce qu'on s’est rendu compte qu’à long terme, il y a beaucoup moins de dégradation. Les jeunes ont davantage de respect pour le travail fait par les autres jeunes qu’ils connaissent. Et puis, eux les préviennent : "C’est moi qui ai refait ce mur, alors ne le tague pas. »
Une responsable de secteur du Logement Francilien, croisée dans les couloirs d'un immeuble au Galion.
Aux yeux de Mohammed Bensaber, chargé d’insertion au Ricochet : « Personne n’est inemployable. Comment rapprocher l’emploi des jeunes ? C’est ça la question. C’est l’emploi qui est loin d’eux et non l’inverse. Et pourtant, regardez autour de nous tous les chantiers de réhabilitation qui sont lancés sur Aulnay. »
« Une fois que j’ai eu mon CAP peinture, j’ai fait plein d’agences d’intérim sur Paris. Et le trajet, c’est pas gratuit. Il faut que je prenne le bus, puis le RER, et ensuite le métro, sans compter le retour. C’est un vrai budget. Mais c’était toujours non. A la fin, j’étais découragé. »
Marouan, 21 ans.
Pour la première fois, Le Ricochet a, en 2009, passé un contrat avec Bouygues. Les jeunes de l'association vont réaliser des travaux de peinture dans l'un des appartements témoin construits par la société.
« Le problème c’est que ceux qui décrochent pendant leurs études, c’est la rue qui les accueille. Ils doublent, redoublent, triplent et puis ils n’ont plus l’âge de rester à l’école. »
Tahar Louerghi, agent multi-services chargé de l’encadrement sur l'appartement témoin.
« Grâce au Ricochet, moi, je transmets 38 ans d’expérience dans le bâtiment à des jeunes, ça fait plaisir.» Tahar Louerghi
Une lueur d'espoir : Le travail de peinture, réalisé par les jeunes sous la houlette de Tahar, a permis au Ricochet de remporter quatre mois de travail sur d'autres chantiers de la société Bouygues.