Sept adolescents confiés à la PJJ planchent sur le thème de la confiance. Avec l'aide de quatre travailleurs sociaux, ils doivent réaliser en cinq jours une nouvelle émission de vingt minutes, de qualité professionnelle.
Après la "conf de rédac'" du lundi matin, les jeunes sont envoyés l'après-midi même sur le terrain pour réaliser un micro-trottoir.
Les sept ados de connaissent à peine, mais vont vivre ensemble une semaine intense de création radiophonique autour d'ateliers d'écriture, de séances d'enregistrement, de reportages, d'interviews, de montages audio.
Mercredi matin 9 heures. Rendez-vous est pris au commissariat avec un gardien de la paix. Ce syndicaliste accepte de recevoir les jeunes pour aborder le thème de la confiance.
"Il y a trois stades de confiance: la confiance en soi, la confiance en l'autre et la confiance au groupe."explique l'intervenante, ancienne éducatrice spécialisée devenue comédienne.
Elle demande aux adolescents de marcher dans l'espace les yeux bandés, de se toucher, puis de se jeter chacun leur tour avec confiance dans le groupe qui les rattrape.
L'éducateur enregistre la séance dans son intégralité- elle fera l'objet d'un court reportage dans l'émission.
"En matière de radio, c'est parfait! sourit l'éducateur. Les jeunes ne sont plus des apprentis journalistes. D'intervieweurs, ils deviennent interviewés, vivent eux-même l'action et prennent des sons en situation d'ambiance."
Le mardi matin commence l'écriture d'un "papier-radio" visant à échafauder leur pensée autour du thème de la confiance. Les jeunes doivent réfléchir à partir de leur histoire personnelle. "Le travail de l'écriture les bloque souvent. Certains possèdent un niveau scolaire faible. Ce temps de rédaction, que nous effectuons en tête à tête, représente un travail éducatif que l'on a rarement l'occasion de produire quand on est derrière un bureau."
"Avec ces adolescents terrorisés par l'avenir, nous abordons le fait que l'on n'est pas obligé de toujours tout maitriser pour avancer." Même si cette action reste difficile à évaluer, les professionnels assurent qu'en maillage avec les autres interventions de la PJJ, la participation à cet atelier peut accélérer le déblocage de certaines situations, et aider à asseoir ces jeunes dans une posture d'adulte.
"Ma famille est kurde, et quand j'avais 8 ans, mon père faisait de la politique en Turquie. Une fois, il s'est fait frappé par la police." Derrière le micro du petit studio d'enregistrement, Fatih s'applique à lire son écrit. Il raconte son enfance difficile. "Sur le plan éducatif, c'est le moyen d'évoquer des questions intéressantes: ce qui est dit est là, on en reparle ensuite."
Les jeunes doivent comprendre que dans la vie il y a des contraintes, qui ne sont pas seulement de l'arbitraire des adultes, mais nécessaires pour obtenir un résultat de qualité. Ils s'énervent parfois, mais on est toujours allés jusqu'au bout.