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Ta mère sur un voilier !
Texte : Aude RAUX
Photographies : Jérômine DERIGNY

 
Cette année, dix élèves du collège Pablo Neruda à Aulnay-sous-Bois participent au Trophée des Bahuts.
Avant de mettre le cap sur la Bretagne et de naviguer sur des voiliers de croisière de 10 à 13 mètres, une initiation est prévue à bord de catamarans.
Pendant trois mercredis au printemps, les cinq garçons et les trois filles s'entrainent sur le plan d'eau de Vaires-sur-Marnes.
Sous la houlette de moniteurs de l'UCPA, les collégiens vont découvrir tout un univers avec ses codes et son langage.
- "Vous savez pourquoi votre bateau n'avance pas?"
- "Parce qu'on n'a pas truqué la voile".
- "Tu veux dire gréé le foc..."
- "Heu... Tout à fait !"
La veille du départ, les élèves font les courses avec leur professeur de sport, Alexandre Villetti. Régime à bord : paquets de chips, blanc de dinde reconstitué, tube de saucisson halal. Le tout arrosé de mayonnaise et de harissa...
Trois bus ont été affrétés pour emmener 13O collégiens depuis Rosny jusqu'au Port du Crouesty, dans le Morbihan.
Le Trophée des Bahuts est ouvert à tous les collèges du département. Pour cette 17ème édition, onze établissements sont inscrits.
Après 9 heures de bus, les garçons se dégourdissent les jambes en jouant au foot sur le parking du port.
Même sur les pontons, les jeunes veillent à rester « trop stylés ».
L'équipage du Tréhic : Chaker, Samy, Jonathan et Titouan. Dans le civil, élèves en 3ème au collège Pablo Neruda à Aulnay-sous-Bois.
« Le bateau, c’est rien qu’un prétexte. C’est dingue tout ce que la voile t’apprend sur la vie. Le mec, que tu l’aimes ou pas, t’es obligé de dormir et de manger avec lui. Ça, c’est pour la tolérance. T’es loin de ta réalité, sur un truc qui bouge tout le temps, à écouter un skipper parler un langage que tu ne comprends pas. Ça, c’est pour l’humilité. Devant la mer, tout le monde s’écrase. Même les caïds. »
Marc Maireaux, créateur du Trophée des bahuts.
Samy, sous l'oeil expert d'Alain, le skipper, apprend à faire des nœuds : de tête d'alouette, de cabestan ou de capucin.
Top départ... Pas moins de 22 bateaux se lancent dans la course.
A chacun son poste. Pour Chaker, c'est à la barre : "Hé madame ! Vous avez entendu ? Alain, le skipper, a dit que j'étais un bon barreur. Vous notez, madame, hein ?"
Jonathan, lui, est à l'avant du voilier afin de veiller sur le foc à chaque virement de bord.
Une pause casse-croûte, puis la régate reprend avec un nouvel élément : le vent. De plus en plus violent...
Les membres de l’équipage N°7 rentrent au port, trempés, mais tellement heureux avoir d'avoir remporté les deux manches.

En cuisine aussi, à chacun son poste. Avec des termes là encore très techniques :
"Passe-moi un torchon pour « chiffonner » la vaisselle !" (Titouan)
Le Trophée des Bahuts, c'est non seulement une régate mais aussi un rallye avec des QCM salés. Exemple : Qu'est-ce qu'un sabord : un juron / une ouverture pour canon / une voile / une direction ?
Un quart d'heure avant l'épreuve des nœuds, Samy et Jonathan enchainent les "huit" et les "chaise". Ils feront un sans faute.
Autre étape du rallye : celle de la soutenance d'un journal conçu par l'équipage sur le thème de la Corse. Chaker, à fond dans son rôle d'indépendantiste, prend en otage le jury... conquis.
A la remise des prix, 130 visages anxieux se tournent vers les coupes.
Et la victoire revient à...
l'équipage N°7 qui, ivre de joie, fait sauter le bouchon de... cidre.
avant de hisser haut leur Trophée des Bahuts.