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Voyage dans l'économie verte en Aquitaine
Texte : Donatien GARNIER
Photographies : Cédric FAIMALI

(Extrait)

Quelques exemples Aquitains nous avaient frappés et nous avons voulu savoir s’il s’agissait de cas isolés masquant le désintérêt général, ou bien de l’avant-garde d’un mouvement de fond encore peu visible. Une petite navigation sur l’annuaire du site de l’éco-innovation en Aquitaine, qui recense 164 membres dans les cinq départements, nous avait laissé penser que c’était plutôt la dernière option qui était la bonne. Mais il fallait le vérifier.

 

C’est ainsi que nous nous apprêtons à partir à la rencontre de quelques-unes de ces entreprises ayant fait le pari de la nouvelle « nouvelle économie » dans des secteurs aussi différents que les énergies renouvelables, le recyclage, la construction, l’industrie… Comment et  à quel degré s’investissent-elles ? Quelles contraintes se donnent-elles et quels avantages  en retirent-elles ?, Quel investissement technologique leur engagement nécessite-t-il et comment vivent-elles la crise ?

 

Un premier de la classe inattendu

Il faut en convenir, c’est un peu dubitatifs que nous nous garons sur le parking d’Audemat, cette entreprise basée à Mérignac qui, grâce à une politique d’acquisition, menée tambour battant depuis dix ans, couplée à de forts investissement en recherche et développement, est devenue l’un des leaders mondiaux de la fabrication d’émetteurs pour la radio et la télévision. Bourrés d’électroniques et peu recyclables ces appareils ne sont, à priori, pas les meilleurs clients pour une économie verte. Ce dont Bruno Rost, le PDG de l’entreprise convient avec un sourire amusé : « Nous ne fabriquons pas de produits écologiques». Propos qu’il s’empresse de relativiser en détaillant la petite révolution dans laquelle il a engagé son entreprise trois ans plus tôt.

 

Elle débute par une démarche de certification Iso 14001* qui aboutira notamment à l’inauguration d’une usine Haute Qualité Environnementale* en 2009.  Elle se poursuit par un premier bilan carbone qui montre l’importance des déplacements aériens dans ses émissions : ils sont limités et la vidéoconférence développée. Mais le déploiement international d’Audemat rend les résultats marginaux. « Nous avons alors réalisé que nous pouvions faire des progrès considérables en concevant des produits moins énergivores. Nos appareils sont comme des lampes à incandescence : ils produisent surtout de la chaleur. »