Envahisseurs, soyez les bienvenus !
A lima, les invasions illégales de terrain sont le moteur du développement urbain.
A la périphérie nord de la capitale du Pérou, le bidonville Sol de la Portada a surgi en une nuit, en 2005. Depuis leur arrivée les habitants se sont démenés pour aménager ce bout de désert rocailleux n’appartenant à personne. Des lots équitables ont été répartis, des rues ont été collectivement tracées et dépierrées, des espaces ont été réservés pour de futurs parcs, écoles et autres terrains de sports. Le moment venu, l’Etat se bornera à délivrer des titres propriété, à connecter le quartier aux réseaux d’eau, d’électricité et au tout-à-l’égout. Comme elle l’a fait, au terme d’un processus pouvant prendre entre cinq et vingt ans, un peu partout autour de Sol de la Portada, dans la vallée de Manchay, et ailleurs dans Lima. Il s’agit là d’une longue tradition : au Pérou ce ne sont pas les urbanistes qui dessinent la mégapole mais les plus pauvres.
Bangkok : la vie sous l'autoroute
Bangkok, mégapole high tech, déploie ses tentaculaires autoroutes suspendues comme autant de signes de sa modernité.
Vu du dessus, un labyrinthe futuriste. Vu du dessous ? une autre vie, une autre ville, qui s’organise comme elle peut à l’ombre des voitures : petits commerces, habitat précaire. Du dessus au dessous, deux visions du monde urbain, de ses promesses et de ses réalités.
Les migrants de Hô Chi Minh-Ville
Hô Chi Minh Ville explose, devient HCMV, la mégapole, la capitale économique du Vietnam, le pôle d'attraction principal pour les centaines de milliers de migrants qui arrivent chaque année de tout le pays. Portrait d'une mégapole en devenir et des migrants qui la fabriquent.
Royal de Luxe à Berlin
Berlin a organisé de nombreux événements tout au long de l'année 2009 en commémoration des 20 ans de la chute du mur. En octobre c'est la compagnie Royale de Luxe qui a pris possession des rues de Berlin avec ses Géants pour raconter, de manière poétique, les retrouvailles des deux Allemagne. En trois jours ce sont plus de 2 millions de personnes qui sont venues profiter du spectacle.
Déambulation tokyoïte
« Bura bura suru » = flâner, marcher sans but.
“A partir d’une onomatopée, les Japonais ont inventé ce verbe pour désigner les déambulations nonchalantes caratéristiques de cette ville tout en torticolis.“
Bangladesh : au pays des îles inconstantes
Dans la région des haors, au nord-est du Bangladesh, les inondations durent six mois. Les habitants ont appris à vivre avec ce cycle singulier qui les contraint à une demie année repli insulaire. Reportage sur deux saisons dans l’île-village d’Abdullapur.
Guadeloupe : l'esprit guada
La Guadeloupe est une île plurielle, un archipel. Il n’est pourtant pas besoin de quitter l’une ou l’autre de ses principales terres (Basse-Terre et Grande-Terre) pour découvrir ses paysages particuliers. Chaque point d’eau, de terre, de ciel, d’édifice ou même de regard relève d’une identité renvoyant aux quatre coins du monde. Concentration de l’envers tropical de la planète où une architecture vieillie, une mer aplanie, une mer gigantesque, un arbre gigantesque, un regard gigantesque vous convient à une profondeur de champ.
Alain Agat
Le Delta du Mekong
LES BATELIERS DU DELTA DU MEKONG
Bateaux marchands,de pêche, de transport, tous sont prétextes à la navigation, afin de traverser le Mékong de Ho Chi Minh Ville à Rach Gia situé en bord de mer. C'est dans ce monde d'eau et de rizières, à travers quelques-uns des milliers de bras du delta, que nous avons rencontré ses habitants, les plus gentils et accueillants, dit-on, du Vietnam.
Intérieur-nuit
Hanoï – Vietnam – décembre 2007
Intérieur. Extérieur. Y a-t-il une vie privée lorsque commerce et salon ne font qu’un, entièrement ouverts sur la rue ? Seules de vieilles grilles métalliques retenues par un simple cadenas redonnent une certaine intimité à la tombée de la nuit. La journée, c’est une mise à nue sans aucune pudeur. On vit, mange, travaille, se détend dans le salon, sur le trottoir, peu importe, l’un et l’autre s’entremêlent. Jusqu’à quand ? Avec une économie en pleine expansion calquée sur le modèle occidental, Hanoï voit les vitrines se multiplier à l’entrée de ses magasins. Les boutiques cessent d’être des lieux d’habitation et le salon s’installe à l’étage.
Avoir 20 ans à Saïgon
Saïgon est une ville qui ne demande qu'à vivre. Cinquante ans de guerre et de conflits se sont stoppés. Ils ont d'abord préserver un élément : leur fierté. Ils ont gardé une éducation forte dans un pays qui a une histoire vieille de 4000 ans. Le respect du maître, de l'enseignement en fait un pays certes pauvre, mais prêt à en découdre avec tous les dragons d'Asie qui se mettront sur leur route. Leur obstacle le plus évident reste l'archaïsme d'une société toujours en prise avec un communisme d'avant la guerre froide. Ces jeunes ont des rêves d'américains, au cœur d'une civilisation asiatique millénaire où personne ne pourra leur imposer quoique que ce soit.
Bangladesh : le grand débordement
D’ici la fin du siècle, des millions de Bangladais seront contraints de quitter leur terre à cause du réchauffement climatique et de ses conséquences. Dans le sud ouest où les populations sont déjà affectées, la pression au départ se fait de plus en plus forte.
Tuvalu : requiem polynésien
Le réchauffement climatique menace directement l’Etat de Tuvalu. Si les prédictions scientifiques les plus pessimistes se vérifient, ce micro état polynésien, son peuple et sa culture singulière auront disparu dans moins d’un siècle. L'humanité s'en trouvera irrémédiablement appauvrie. Le réchauffement climatique signifie, aussi, la fin de l’ethno diversité ; les Tuvaluans l’ont bien compris.
Eau : source de vie source de conflit. Le cas israélo-palestinien
Avec Jérusalem et les réfugiés, l’eau est au coeur du débat entre Israéliens et Palestiniens. Et qui dit litige à propos de l’eau entre ces deux parties, dit obligatoirement aquifère de la montagne. Après avoir pris en compte les susceptibilités exacerbées des uns et des autres, deux conclusions s’imposent : la première est que seule une gestion conjointe de cet aquifère permettra de préserver la qualité de son eau. La seconde est qu’en dépit de son importance cruciale pour les deux parties, une solution peut-être trouvée à ce problème afin que l’eau ne soit jamais un obstacle insurmontable sur la voie de la paix.
L'eau source de vie ou source de profit ?
Le ballon d'eau est une technique peu coûteuse et écologique pour transporter l'eau potable. Les Turcs sont actuellement les seuls au monde à l'utiliser pour l'exportation de leurs ressources en eau vers Chypre. En parallèle, ils développent d'autres grands projets d'exportation d'eau en vrac par bateau tanker.
L'errance des réfugiés à Calais
Depuis la fermeture de Sangatte, nombre de réfugiés sont livrés à eux-mêmes. Entre Calais et Paris, ils sont trimbalés au gré des refoulements, des rafles policières et des trajets en car. Des associations et des particuliers les hébergent et les voient passer, partir et malheureusement, souvent revenir.
Enfants réfugiés
Fuyant les guerres d'Afrique, près de 1 800 mineurs ont débarqué illégalement à Roissy l'an dernier. Enfermés avec les adultes, parfois malmenés par la police des frontières, certains s'évaporent dans la nature mais à quel prix? Entre réseau de prostitution et ateliers clandestins, le rêve de liberté tourne souvent au cauchemar.
Vietnam sur Lot
Suite à la défaite de Diên Biên Phû, en 1955, des milliers de Français d'Indochine furent rapatriés en France et installés dans une dizaine de camps provisoires. Mais, à Sainte-Livrade-sur-Lot, dans cette cité transformée en CAFI (Centre d’Accueil des Français d’Indochine) en 1955, le provisoire dure. Aujourd'hui, peu de gens vivent encore au camp. Moins de cent. Pourtant, malgré un confort spartiate, les habitants du CAFI n’échangeraient pour rien au monde leurs logements de fortune : ils y ont intégré leur culture et leurs traditions au point de recréer un bout de Vietnam sur les bords du Lot. Lors des vacances d’été, durant une semaine, les familles se retrouvent, toutes générations confondues.
Marseille : Les centres villes, c’est pour les riches ?
Direction Marseille. En zoomant très fort, le tout petit quartier du Panier. Dans tous les guides, il est noté trois étoiles. Les touristes ne le ratent jamais. Ses rues escarpées, son linge aux fenêtres, ses pagnolades font du plus ancien des quartiers de Marseille une carte postale parfaite. Elle n’est pas si lisse. Ce fief corse et italien où Jean-Noel Guerigny est chez lui ne se laisse pas si facilement approcher. Le quartier populaire et fier de l’être résiste depuis des années à la gentrification inévitable : ce village au cœur de Marseille fait une trop belle cible. Aujourd’hui il est cerné : palace 5 étoiles d’un côté, nouveau port de l’autre.
De tous temps terre d’accueil des migrants, le quartier aujourd’hui redoute l’arrivée de hordes de touristes débarqués des paquebots qui accosteront bientôt et surveille de près l’instalation des bobos qui font monter les prix. Juché sur sa colline, le panier hésite. Peut-il résister au risque de couler, ou va-t-il succomber au chant des sirènes de la mondialisation et perdre ses habitants et son âme sur la voie de la modernité ? Au cours de plusieurs résidences, en hiver, puis en été, nous nous y sommes installés pour voir vivre ce quartier et comprendre ce que Marseille perdrait à en faire un décor vide.
Prêtre-Ouvriers
Après trente années de sacerdoce et presque autant passées dans les bâtiments et travaux publics, Bernard Glath reconnaît : "Je suis à l’aise partout. Par contre il reste un décalage : je finis ma carrière comme simple ouvrier, alors que j’ai fait des études jusqu’à 24 ans ; décalage aussi avec la paroisse, car je finis ma carrière dans un poste syndical".