Jeux nomades, une vitrine en trompe-l’œil

Début septembre, le Kirghizistan réussissait un coup de maitre en matière de diplomatie. En plus d’être l’hôte d’un sommet international, il accueillait le grand rendez-vous sportif des peuples nomades. De quoi masquer la dérive autoritaire qui frappe le pays.

Sous un vernis de neutralité sportive et d’une glorification parfois à outrance de la culture nomade, les Jeux d’Issyk-Koul sont donc éminemment politiques. La Russie, avec la plus grande délégation, concourait sous ses propres couleurs et bénéficiait d’un soutien incontestable dans les tribunes. De nombreux athlètes iraniens ont aussi fait le déplacement : ils ont été ovationnés lors de la cérémonie d’ouverture, tandis que la délégation états-unienne a été copieusement huée.

De fait, le régime de Sadyr Japarov est aujourd’hui un allié proche de Moscou. Le pays est devenu un rouage essentiel dans le contournement des sanctions occidentales, dont il tire des bénéfices certains : il a enregistré une croissance économique de plus de 10 % ces deux dernières années.

Auteurs

Jérômine Derigny photo-journaliste

Théo Bourgery Gonse, journaliste