Tourbières du Congo

La grande menace (climatique)

En 2017, des chercheurs de l’Université de Leeds ont découvert que les tourbières situées dans la cuvette centrale de la forêt du bassin congolais séquestraient au moins 30 milliards de tonnes de carbone, soit l’équivalent de trois années des émissions mondiales provenant de combustibles fossiles. Ce sol extrêmement boueux, qui couvre moins de 5 % de l’ensemble du bassin du Congo, stocke la même quantité de carbone que l’ensemble des forêts qui l’entoure.

Nous sommes allés nous plonger (jusqu’au torse) dans cet écosystème humide pour mieux saisir son importance et sa fragilité. Nous avons parlé avec les populations qui y vivent, dans une grande pauvreté, et qui espèrent que ces découvertes scientifiques pourront leur apporter une aide financière pour « service rendu à la planète » en les préservant. Dans le même temps, en 2022, le gouvernement de la RDC lançait des enchères pour l’exploitation pétrolières sur ces zones de tourbières et plusieurs compagnies forestières se montrent intéressées par la coupe de bois. Nous avons sondé les attentes et les aspirations des riverains et nous avons suivi le travail des chercheurs qui viennent prélever des carottes de tourbe jusqu’à dix mètres de profondeur. « On est encore au début des explorations, considère le botaniste Corneille Ewango, dans son laboratoire de l’Université de Kisangani. Mais nous savons déjà qu’il faut absolument préserver ces tourbières si on veut se donner une chance d’atténuer le bouleversement climatique. »

Auteurs

Photos : Gwenn Dubourthoumieu

Texte: Guillaume Jan